Où les personnages, nonchalamment,
Se croisent, mais sans se voir,
C'est le film du désespoir.
Les pions noirs d'un côté de l'échiquier,
Les blancs sont prêts à attaquer,
Mais ce ne sont pas des pièces en bois,
Ces pions-là, c'est toi et moi.
Petite, j'avais peur du noir,
Petit, tu avais peur du Blanc,
C'est ce qu'on apprend en naissant,
Et qu'on entend en grandissant.
Alors je te fuis, mais c'est trop tard,
Nous sommes face à face, hagards,
Mais ta couleur est chaude et douce,
Et la mienne de lumière t'éclabousse.
Ton sourire ressemble au mien,
Le même c½ur bat en notre sein,
Alors pourquoi en avoir peur,
Si c'est une prémisse du bonheur ?
J'ai ma main dans la tienne,
Et je demande que tous viennent
Admirer à quel point il est beau
De voir le monde d'un ½il nouveau.
Mais dans ce film en noir et blanc,
Les spectateurs sont intolérants,
Aveugles et sourds à la vérité
Qui dit que nous devons nous aimer...
Alors coule le sang sur la Terre,
Pourtant c'est elle notre Mère,
Une Mère pour toutes les couleurs,
Car la seule qui compte est celle du c½ur.
Mais je refuse ce film-là,
Et sachez, quoiqu'il en soit,
Que la réalité est plus profonde,
Et que des milliers de couleurs égaient le monde !
C'est un film en noir et blanc,
Où les gens, progressivement,
Apprennent à s'écouter et à se voir,
C'est le film de l'espoir.
Claire Budillon
